Personne humaine
Revenir aux sources de la Communication
 

Plusieurs questions reviennent régulièrement sur le choix de l'IRCOM en matière d'enseignement. Ceux qui nous découvrent apprennent que l'IRCOM a, depuis sa création en 1984, volontairement désiré s'appuyer sur l'enseignement social chrétien et surtout y puiser les richesses des messages qu'il délivre.
“Quel lien existe-t-il entre l'Eglise et la communication ? Quel rapport entre l'économie, l'entreprise et l'enseignement social chrétien ?”.
Ces questions reviennent souvent dans la bouche de nos interlocuteurs tant il est vrai qu'une école dont les références s'affichent peut surprendre.


Pourtant, depuis plus de 100 ans, s'appuyant à la fois sur la raison, sur la Révélation et sur la Tradition, l'Eglise propose sa vision de la vie en société. De l'encyclique “Rerum novarum” de Léon XIII (1891) à celle de Jean-Paul II en1991 intitulée “Centesimus annus”, en passant par de nombreux discours, lettres apostoliques ou messages divers, les pontifes n'ont cessé d'y revenir.

 

Réfléchir oui... mais pour agir

 

Mais en même temps que l'Eglise nous invite à mieux pénétrer le sens de ces textes, elle nous encourage à réfléchir aux meilleurs moyens de les mettre en pratique dans la société et particulièrement, dans l'entreprise. C'est l'objectif que s'est fixé l'IRCOM à travers sa formation à la communication.
Toute entreprise est un réseau de relations : relations avec des clients, relations avec des partenaires financiers, relations avec des collectivités territoriales, relations internes entre les salariés, etc.
Dans ce cadre, la communication devient un facteur clé de succès. En effet, comme l'information génétique assure la cohésion des organes dans le corps vivant, la communication l'assure dans l'entreprise organique. C'est elle qui va permettre la multitude de ces relations interdépendantes en faisant naître l'unité d'une communauté de personnes vouée à la même tâche.

 

Cinq principes clé

Pour y parvenir, pour servir ainsi de vecteur à la mise en œuvre de l'enseignement social chrétien, il faut que cette politique de communication s'appuie sur 5 principes qui sont comme les cinq piliers de cet enseignement : la personnalité, la créativité, la responsabilité, la subsidiarité et la responsabilité.

 

1/ Personnalité :
Aujourd'hui, tout le monde s'entend sur le caractère sacré de la personne humaine. L'homme tient sa dignité à la fois de sa nature, de son origine et de sa destinée. Par sa nature, il est un “animal raisonnable” qui ne répond pas aux seules sollicitations de son instinct. A cette constatation s'ajoute ce que propose la révélation biblique : “créé à l'image et à la ressemblance de Dieu” (Gen), chaque homme a une dignité “transcendante et absolue”. Elle se traduit en chaque homme par le besoin d'être connu et reconnu : connu, c'est à dire situé dans un réseau et accepté dans sa complexité ; reconnu au sens ou chacun a besoin d'être distingué dans son originalité, dans son unicité et dans son unité.
Reliée ainsi à son environnement grâce à une bonne communication, chaque personne se découvre elle-même peu à peu et révèle aux autres tout le trésor de ses potentialités.

 

2/ Créativité :
Créé à l'image de Dieu”, l'homme est aussi créateur ! C'est si vrai qu'en lui enlevant cette part de créativité, on l'ampute d'une dimension essentielle de sa personnalité. La reconnaissance de ce droit à la créativité est donc une expression du respect de la personne mais aussi une condition de son efficacité. Et comment y parvenir sans l'appui d'une bonne communication ? En effet, pour que chacun puisse garder sa liberté d'initiative, il faut qu'il soit parfaitement informé des objectifs, des moyens et des contraintes de l'entreprise pour que son action se situe dans la ligne de l'œuvre commune à accomplir.

 

3/ Responsabilité :
Comme aimait à le rappeler le pape Jean-Paul II : “il ne suffit pas de dire je suis libre, il faut dire : je suis responsable”. L'homme en effet n'est pas attaché au bien, il lui appartient de le choisir en se libérant des tentations qui peuvent le tromper. La liberté n'est donc pas un droit mais un devoir qui nous conduit à faire des choix. C'est à la fois inquiétant et rassurant. Inquiétant par le renvoi de chacun à lui-même et rassurant par la considération qui en découle. C'est la dignité de chaque homme de supporter les conséquences, bonnes ou mauvaises, de ce qu'il a choisi “l'ouvrier aura ou non sa récompense, l'ouvrage de chacun sera mis en évidence” (1 Cor 3, 10-15). La politique de communication visera donc à faire mieux comprendre le lien entre l'acte et ses conséquences et à rapprocher le client de chaque acteur de l'entreprise.

 

4/ Solidarité :
La solidarité se fonde pour chacun sur la double exigence de sa propre existence et de l'existence de l'autre. C'est à la fois le besoin d'être soutenu et le devoir de soutenir et de partager. Elle appelle une sollicitude attentive des plus forts à l'égard des plus faibles, une collaboration au développement de l'environnement dans lequel ils se trouvent. Ainsi, la communication doit-elle prendre en compte l'égale dignité de chaque personne quel que soit son niveau hiérarchique et contribuer à l'enracinement de l'entreprise par le jeu de partenariats ou de participation au développement local.

 

5/ Subsidiarité :
Explicité pour la première fois par le pape Pie XI en 1931 le principe de subsidiarité consiste à respecter en tout le primat de la personne. L'éminente dignité de la personne humaine nous explique le pape, et son droit à l'initiative économique exigent que “le déploiement de l'activité de chacun ne soit pas totalement soumis à l'autorité d'autrui” - Mater et magistra (n°92). Concrètement, cela signifie qu'il ne faut pas mettre la société avant la personne mais la personne avant la société et que c'est à celui qui est le plus proche de l'acte engagé que revient à la fois la liberté et la responsabilité d'agir ! Lorsque l'on cherche à appliquer ce principe, la communication est très importante. En effet, plus les responsabilités descendent, plus il est important que chacun comprenne le rôle des autres.

Ces cinq mots-clés ne peuvent prétendre à l'exhaustivité car l'enseignement social chrétien est particulièrement riche et complet. Ils sont néanmoins un guide pour éclairer la route des communicants. En favorisant ainsi l’épanouissement des hommes, la communication conduit au succès de l’entreprise qui lui même entraîne la réussite des hommes qui y travaillent.

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